mercredi 29 octobre 2008
Première neige
A crevé son manteau
Troué le cortège
De tes mots
Tes derniers arpèges
Tes drôles de sanglots
La vie comme elle met à zéro...
Tu regardes tes ciels
Tu laisses couler tes pensées
Sur ton épaule
Le long de ton dos
Tu laisses passer les rivières
Sur ta peau
vendredi 17 octobre 2008
Nil
Comme on va sous la pluie
Même le ciel qui s'en mêle
Tout s'embrouille et m'ennuie
L'envers du paysage
Et le poids des saisons
La couleur des orages
Sur ma ligne d'horizon
Tu marches près de moi
Ton silence m'égare
Tu plantes dans ma vie
Des milliers de poignards
Et je reste enfermée
Dans une tour d'ivoire
Dont j'ai perdu la clé
Et brisé les miroirs
Il y a dans l'air du temps
Comme une page qui se vide
Dans la chaleur torride
Et le rire des enfants
Mes doigts glissent sur l'eau
Caressent les nuages...
mercredi 24 septembre 2008
Entre elle et moi
Une dernière fois j’applique les deux morceaux de bois contre la vitre de l’étroite fenêtre, au sud de l’atelier. Là où les bords se touchent, la lumière ne passe plus, il sont droits et parfaitement ajustés. Les planches de palissandre sont prêtes à être assemblées pour former le fond de ma guitare classique.
Je vais apprendre à manier la varlope et la gouge, à travailler le bois dans le bon sens, à poncer au millimètre les barres d’épicéa qui viendront se nicher au coeur de la guitare, à apprivoiser la scieuse, la ponceuse et tant d’autres choses qui jusqu’alors se trouvaient sur une planète située à des années-lumière de la mienne.
Il y aura des moments magiques, quand la rosace prend sa forme et ses couleurs définitives, quand les planches assemblées commencent à ressembler à un instrument de musique et d’autres, où le découragement se fait sentir quand il faut raboter, limer, poncer pendant des heures de minuscules bouts de bois et qu’on a l’impression que les choses n’avancent pas!
Il y aura, au bout du compte, tous ces après-midi où, penchée sur elle, j’oublie le reste dehors.
mardi 16 septembre 2008
Le café noir du matin
Et moi qui suis toujours entre deux montagnes, entre deux humeurs, entre deux couleurs, entre la pluie et le beau temps, entre le jour et la nuit...
Une chose cependant semble définitivement immuable et réconfortante au milieu des incertitudes: le premier café de la journée...
Juste comme une évidence
Le passage à l'heure d'hiver
Un éclat dans mes silences
Une caresse, un souffle d'air
Quelques grains de poussière d'ange
Ou les vertiges de l'enfer
Juste comme une évidence
Juste la vie douce, amère..
Et pourtant c'est presque rien
Le café noir du matin
Le temps qu'il fera demain
Un instant entre deux trains
Presque rien
Juste comme une évidence
Le bonheur est éphémère
Un pas de trop dans la danse
Il s'amuse et il se perd
J'hésite et je me balance
Entre l'endroit et l'envers
Juste comme une évidence
Juste la vie à refaire
Et pourtant c'est presque rien
Le café noir du matin
Le temps qu'il fera demain
Un instant entre deux trains
Presque rien
Juste comme une évidence
Entre rester et partir
De mystère en transparence
Le plus fou ou bien le pire
Un trait bleu sur mes nuits blanches
Et le jour pour en sortir
Juste comme une évidence
Juste la vie à s'offrir
Et pourtant c'est presque rien
Le café noir du matin
Le temps qu'il fera demain
Un instant entre deux trains
Presque rien
vendredi 25 juillet 2008
Les rives de l'Orge
Et la solitude
Partagent ses nuits
Une douce habitude
Elle sourit
Elle fait toujours comme si...
Elle se demande
Où sont passés
Les courants
La vie qui gronde
Le goût salé
Des tourments
Elle s'enfuit
Va boire à l'eau des puits
Elle oublie
Les saisons et la pluie
Elle se demande
Si elle pourrait
Retrouver
Le bleu de l'ambre
Les grands marais
Sous ses pieds
Elle s'ennuie
Elle ne l'a jamais dit
Elle sourit
Elle fait toujours comme si...
mardi 22 juillet 2008
Passer les rivières
J'ai laissé dans le silence
Les rêves incertains de mes nuits
Quelques rimes sans importance
Mes insomnies
J'ai longé les étangs gelés
Remis mes chimères à leur place
Je voulais pour les remplacer
Un peu d'espace
Entre l'oubli et la lumière
Entre la caresse et l'ennui
Il faut bien passer les rivières
Se croire à l'abri
Le temps efface les couleurs
Et j'oublie de les inventer
Quand je laisse passer les heures
Les yeux fermés
J'aimerais frapper à ta fenêtre
Plonger dans l'eau claire de ta vie
Et pouvoir distinguer peut-être
Le bleu du gris
Entre l'oubli et la lumière
Entre la caresse et l'ennui
Il faut bien passer les rivières
Se croire à l'abri
J'ai découvert un chemin
Au delà de l'indifférence
Pour aller juste un peu plus loin
Que la chance
Pour longer les étangs gelés
Ranger les chimères à leur place
Et vouloir pour les remplacer
Un peu d'espace
Entre l'oubli et la lumière
Entre la caresse et l'ennui
Il faut bien passer les rivières
Se croire à l'abri